Chroniques de la Terre du milieu 2

Chroniques de la terre du milieu (CTM) est un module de NWN 2 construit avec le background des oeuvres de J.R.R. Tolkien: le seigneur des anneaux
 
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 [BG-spé]Norgil Estarn

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zidem69
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MessageSujet: [BG-spé]Norgil Estarn   Mar 10 Avr - 20:35

Citation :
Nom du compte joueur:Zidem666

Nom du perso : Nogil Estarn

Race : Dúnadan "pur"

Age : 29

Alignement : Chaotique Bon

classe(s) : Guerrier5/MDA7/Rodeur4/MDO4 (surement mais pas certain ^^)

Arme de prédilection : Epée Longue x2

Trait de Caractère : Impulsif et peu réflechis, Norgil à tendance à foncer tête baissé dans un conflit...et à se soucier des conséquences après, entrainant souvent des complications que ses compagnons auraient souhaité éviter.

Description physique : Plutôt beau pour un humain, il à de belles proportions (un mètre quart-vingt et soixante-quize kilos), ses yeux ont la couleur de l'argent et ses cheveux sont d'un noir presque ébène. Sa peau est légerement dorée, dû essentiellement à son séjour sous le soleil des terres du sud.

Caractéristiques de départ:
FORCE :14
DEXTÉRITÉ :14
CONSTITUTION :14
SAGESSE :8
INTELLIGENCE :14
CHARISME : 14

XV\ Norgil, 2721-?

Norgil était fils de Dregarn Estarn et d'Aeklin Rethim. C'est un dúnadan de Sang pur qui naquit à Enil Estarn, près de Minas Tirith. Bien qu'il soit encore très jeune pour un Dúnadan, il n'en est pas moins conscient des dangers qui menacent d'engloutir les Terres du Milieu sous le feu et le sang.

C'est un homme bien proportionné, bien que plutôt grand. Son visage a les traits fins , et il est assez beau... Pour un être de sa race. Dans sa jeunesse, il fût en constant désaccord avec son père, et maître d'arme, Dregnar, ce qui ne cessa de poser des ennuis à la famille quand au destin a reserver au jeune Estarn.

Issu d'une famille de marchands depuis huit générations, il fût tout d'abord voué à ce metier, mais Norgil préférait les grands espaces aux bureaux poussiereux, et il passait le plus clair de son temps à battre les champs et les forêts dans la région qui s'etend entre les rives du Sirith et de l'Erui.

En grandissant, il devint habile dans ce domaines, et il ne cessait de s'améliorer, si bien qu'il était difficile pour un homme normal de l'apercevoir, ou de le pister, si Norgil ne le voulait pas. Ainsi quand le jour de ses vingt ans arriva, et que son père voulut lui assigner des tâches administratives, Norgil partit sur le champ des domaines de sa famille; et fila vers le sud.

Il suivit le cours de l'Erui, puis de l'Anduin, traversa l'ithilien du Sud, puis passa par les gués du Poros, et finit par errer dans les terres arides du Sud, que l'on nomme le Harad. Là bas, il erra pendant quatre années, et à ce jour, nul ne sait ce qu'il y vit, ou comment il y survécut, mais ce qui est sur c'est qu'il en revint changé.

En l'an 2743 du 3eme Age, il passa de nouveau les gués du Poros, mais il n'était plus vétu de ses beaux habits de soie verte, ni ne portait ses épées d'acier scintillant. Non, il était tout entier enveloppé d'une tunique de cuir sombre, dissumulant son corps sous une cape noire. Ses yeux était vides, et la beauté de ses traits, bien que toujours présente, avait perdu de son charme. Il n'était plus qu'une ombre, silencieuse, qui errait alors le long de l'Anduin, et nul n'osait plus l'approcher, et d'aucun le qualifiaient de "bizzare", et partout on le chassait, et il ne s'en offusquait pas, ne trouvant plus de plaisir à rien.

Il remonta donc le grand fleuve, et passa l'Anduin à Osgiliath; puis il pénétra dans les Montagnes de l'Ombre, les remonta jusqu'à la source du Ringlô, qu'il suivit jusqu'à Edhellond. Et là, le voile qui l'enfermait dans sa cécité se leva, et de nouveau le monde fleurit autour de lui, car il tomba sous le charme des elfes qui y vivaient, et particulierement de l'une d'entre elles dont il s'éprit au premier regard, mais son amour était voué à le ronger, sans jamais se concrétiser, et si il devint l'ami des elfes de cette région, et qu'il apprit d'eux beaucoup quand à l'art du pistage et de la discretion, jamais il ne pût dévoiler son coeur, de crainte de tout perdre.

Finalement, en l'an 2745, il partit d'Edhellond, soucieux d'éteindre le feux de sa passion dévorante par son goût du voyage. C'est ainsi qu'il pénétra en Eregion, ou il devait rester pendant de nombreuses années.

(A Suivre, Annexe I : L'exil)


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zidem69
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MessageSujet: Re: [BG-spé]Norgil Estarn   Mar 10 Avr - 22:27

I\ L’exil


La journée touchait à sa fin, le soleil commençait à sombrer à l’horizon, baignant le ciel d’une teinte rouge orangée magnifique. Une légère brise, le chant tardif de quelque oiseaux, une poignée de poissons nageant à la surface de l’eau cristalline de l’Erui. C’était un magnifique tableau que contemplait le jeune Norgil. Assis sur la souche d’un vieux chêne il restait là, observant les allées et venues d’une bonne douzaines de personnes. Ses yeux gris pale s’arettèrent sur une grande silhouette vêtue d’une tunique azure et à la longue chevelure doré.
Thergin Estarn, son père. Norgil était un peu plus grand que ce dernier, et n’avait pas hérité de la chevelure particulière de son géniteur, prenant les cheveux noirs ébène de sa mère. Regardant son père le chercher en vain…Norgil sourit.

Moins d’une heure plus tôt il avait fuit sa demeure, emportant avec lui quelque provision et son arc d’if. Il portait sa tunique de soie verte et sa cape à capuchon grisâtre, tout ce qui était nécéssaire pour voyager... Rien pourtant ne l’avait préparer à la peine qu’i avait ressentit quand il avait traversé l’Erui…et quitter le domaine de sa famille. A présent il était seul, ses amis, sa famille, tout ce qui l’avait entouré depuis sa naissance venait de disparaître au milieu de la rivière, emporter par son doux courant.

Se relevant il jeta un dernier coups d’œil en direction de son ancienne maison… et se tourna vers l’horizon…ou se dessinait la cité d’Osgiliath.

Et Son passage vers une nouvelle vie…



Edit Saelbeth : fautes corrigées (enfin, la plupart)


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zidem69
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MessageSujet: Re: [BG-spé]Norgil Estarn   Sam 21 Avr - 20:45

II\ Une nuit pour traverser l'Anduin


Encore une journée qui touchait à sa fin. Le ciel, encore clair quelques heures auparavant, prenait à présent une teinte plus sombre... plus sinistre. Un vent glacial soufflait depuis le Nord, balayant la vallée de l'Anduin, et faisant fouetter la cape du voyageur solitaire. Le Jeune Norgil avait une mine affreuse, las et épuisé par une longue marche, il n'avait rien avalé depuis l'aube, et la faim le tenaillait sans cesse. Mais il lui restait déjà trop peu de vivre... et trop peu d'argent. Les Premiers jours il avait mangé sans se soucier de rationner, où toutes autres choses qu'un voyageur émérite aurait tout de suite pris la peine de faire. Non, l'ignorance du dunandan sortant à peine de l'adolescence était bien plus forte que les durs réalités de la vie dans le vaste monde... et très vite Norgil s'en était rendu compte.
A présent il traversait les régions du Gondor qui s'étendent entre l'Erui et Osgiliath, l'un des seuls endroits ou l'Anduin puisse être traversé sans bateau. Ses Pieds lui faisaient mal, ses jambes le piquaient par de vives douleurs et ses épaules étaient à présent aussi basse que celles d'un vieillard. Tout, en lui, riait pour qu'il cesse sa marche sans fin, Qu'il rentre chez lui, s'assoit confortablement dans un fauteuil confortable, et déguste de savoureux mets préparé par les domestiques de la maison.
Mais la fierté était plus forte.
Il continua donc droit devant, vers les ruines de l'ancienne capitale, champ de bataille perpétuel, lieu renfermant mille secrets... et peut être mille ennemis. Qui savait aujourd'hui? Qui s'en souciait aujourd'hui? Pas lui en tout cas. Il traverserait le fleuve c'était sur... et il le ferait cette nuit.

Quelques heures plus tard, la lune scintillait de son éclat argenté, laissant une obscurité des plus douce plané sur la ville déserte, visiblement les orques n'étaient pas maître des lieux... à moins qu'ils ne soient là, à observer furtivement l'étrange humain qui passait par là, prêt à l'attaquer... à le dévorer. En faite Norgil ne s'en souciait déjà plus... quand il vit le pont écroulé devant lui. En un instant tous ses espoirs se dissipèrent, sa faim se fît encore plus présente, la douleur plus insupportable... et la peine insoutenable.
Vidé de toutes ses forces il s'affaissa contre le mur en ruine de ce qui fût vraisemblablement une demeure bourgeoise au vu des ornements internes de la pierre... enfin ceux qui avaient eu la chance de résister aux ravages de la guerre. Mais ces décorations somptueuses ne trouvaient aucune grâce aux yeux du dunadan, ses yeux étaient voilés... voilés par des larmes naissantes. Sa route allait-elle vraiment s'arrêter ici? Sur les berges u grand fleuve? Celui qui donne vie aux magnifiques terres qui avaient bercé son enfance... il ne pouvait le croire. Pourtant il était bien là, face à ce pont en ruine, ce chemin vers l'Eden qui se dérobait, sinon à sa vue, à sa porté, si praticable et pourtant infranchissable, les pavés blanc du pont prenaient à ses yeux des allures de montagnes qui s'élevaient avec fureur jusqu'aux étoiles, pour ne laisser aucune chance au pauvre petit voyageur.
Les heures s'écoulèrent ainsi... laissant le jeune Estarn plongé dans ses pensés... dans sa morosité. puis vint les premières lueurs qui annoncent l'aube... et avec elles la félicité, car il restait sous le pont, au niveau de la rive occidental du fleuve, de petites embarcations abandonnées.
Les Braises du courage qui continuait de brûler sous la noirceur de sa peine firent à nouveau jaillirent le feu qui couve dans le coeur des Dunedains, et Norgil bondit sur ses jambes douloureuses, et courut jusqu'au cadeau que le destin venait de lui faire, mais son enthousiasme fut vite remplacer par le soucis...car les embarcation étaient toutes, non pas laissé ici pour le passage du fleuve...mais car elles y avaient échouées, et toutes prenait l'eau. Mais elles étaient sa dernière chance de traversé le fleuve dont le courrant ne laisserait aucune place à l'erreur. Poussant une première embarcation à l'eau... il la contempla sombrer dans les abîmes de l'eau cruelle qui le séparait de la continuité de son chemin. Une deuxième tentative... même échec, et déjà l'aube pointait à l'est, vers l'amont du fleuve. Mais aucune embarcation ne voulait résister à l'appel des profondeurs des eaux...et seul le Dunandan resta, assis et las, sous le pont abattu de la cité en ruine...les rayons du soleil sur son visage creusé par la peine.
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zidem69
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MessageSujet: Re: [BG-spé]Norgil Estarn   Sam 21 Avr - 20:46

III\ Une Journée infernale

L'aube fût la plus triste que le jeune Estarn n'ait jamais connu. Seul, assoiffé, une faim criante qui n'avait de cesse de le harceler et la peur au ventre... Il vivait dans l'obscurité alors qu'autours de lui tout n'était que lumière. Résigné, il se releva, et repris sa marche le long du fleuve, traînant les pieds, les yeux rivés sur les pavés éclatés qui constituaient les ruelles de l'antique capital du Gondor. Les Minutes filèrent entre ses doigts, lui laissant un goût amer u fond de la gorge... un goût âpre de regrets.
Il regrettait d'avoir quitter sa demeure pour périr ici, dans une cité abandonnée de tous.
Il regrettait d'avoir laisser derrière lui l'innocence de ses jeunes années.
Il regrettait pourtant de ne pouvoir continuer son chemin... ce chemin qui l'emmènerait sur la route que son coeur avait choisis.

Car si son esprit le blâmait d'avoir quitter tout son confort, il sentait au fond de lui que sont choix était celui de son âme ; de son coeur... de sa passion.

Midi passa, et toujours rien ne venait égayer sa journée, ses pas étaient lents et sa détermination s'était envolée depuis longtemps. Le soleil était de plomb, et la sous alimentation qui était devenu une seconde nature pour Norgil ne dissipait en rien le brouillard qui lui enveloppait l'esprit, et brouillait sa vue. Son arc lui semblait plus lourd qu'un tronc entier, et ses habits pesaient sur ses épaules voûtées. Et les murs, toujours, se rapprochaient, véritable chaîne montagneuse s'élevant en travers de son chemin, sans aucune vallée lui offrant une chance de salut.

Le fleuve quand à lui continuait de couler, imperturbable, loin de toutes peines et de tous bonheurs. Ses eaux s'écoulaient avec un rythme régulier, diffusant l'éclat doré de l'astre Solaire en une nuée de faisceaux d'un azure pointé d'argent. Des poissons vêtus de cotes de mailles brillantes venaient percer les eaux cristallines narguant l'être qui ne pouvait plus se nourrir que de désespoir.

Puis la nuit de son âme s'envola, et vint à paraître face à lui, une simple embarcation de chêne mais aux yeux du dunadan elle paraissait aussi sublime que les riches embarcations royales, et surtout... elle n était pas percé , elle. Ses jambes se mirent à le porter au pas de course vers l'objet de son désir qui venait enfin de s'offrir à lui, et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire il fût de l'autre coté du fleuve... Enfin.


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MessageSujet: Re: [BG-spé]Norgil Estarn   Dim 16 Sep - 12:18

IV\ Emyn Arnen, La Route vers le Sud


Les pas du dunadan soulevaient la nappe de poussière fine qui recouvrait le sentier caché, parcours né des temps anciens qui s’enroule autour des collines d’Emyn Arnen, la poussière s’envolant au rythme de la lente progression de l’exilé, son capuchon rabattu par dessus son visage, sa cape s’élançant légèrement dans les aires sous la douce pression d’une brise, un vent frais qui remontait calmement l’Anduin, oscilliant autour du majestueux fleuve gondorien. Le soleil lançait de rapides rayons , qui venaient s’abattrent, fort de leur luminosité naissante, sur l’herbe clairsemée qui bordait le chemin. La silhouette de Norgil se découpait tel une ombre chinoise sur cette toile à l’aspect irréelle, une fresque antique, les ténèbres règnant encore en maître face à lui, la lumière s’imposant avec une douce férocité dans son dos, et lui qui avançait , apôtre du renouveau quotidien, d’une matinée qui s’élevait déjà dans le ciel, la Lune, irrégulière dans sa course céleste , encore présente dans les cieux qui s’illuminaient petit à petit. C’est au cœur de ce tableau aux allures féerique qu’évoluait Norgil, ses yeux, perles d’argent se mouvants sous l’obscurité de sa capuche de cuir, se portant avec avidité sur tout ce qui avait l’audace de défiler dans son champs de vision. La couleur accrochant d’une petite fleure attendant patiemment le soleil, à l’ombre d’une pierre qui aurait pu servir de siège au voyageur qu’il était. La forme vague d’un rongeur qui filait avec hâte sur sa gauche. Plus loin dans cette direction, il distinguait la grand route, celle qui menait autrefois de l’Ithilien du Nord à son voisin du Sud, la route qu’il suivait de loin depuis qu’il avait laissé derrière lui les ruines d’Osgiliath. Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait pris au sud, vers le Poros et les terres désolé au sud de ce dernier, et non au Nord, vers le pays des rôdeurs qui borde d’anciennes terres désolés par le sang et l’acier, vers le Nindalf ; l’Anduin, et de là , les somptueuses plaines du pays des seigneurs des Chevaux, ce voyage aurait été plaisant, tellement plus que d’arpenter ce monde morne et morbide. Il ne savait pas pourquoi il avait pris au Sud, et pourtant il marchait avec une détermination machinale, les ombres l’avalant et le recrachant à mesure qu’il parcourait les flancs tantôt ensoleillé, puis plongé dans le noir. Au loin , l’horizon n’offrait guère de réconfort, les collines se succédant avec toujours plus de hauteurs, avec toujours plus de densité. Un instant, portant son regard sur la grand route, il embrassa l’idée de courir vers l’est, posé ses pieds sur les pavé délabré de cet axe antique, sont périple grandement facilitée… Mais la prudence lui chuchotait de resté sur son chemin, de ne pas s’égaré sur de multiples voies =. Ses yeux s’emplirent d’une émotion forte, intense, puissante, qui illuminait l’argent de son regard, le rendant étrangement lointain, d’une nature presque indiscernable. Puis, alors que les rayons du soleil perçaient enfin la pénombre recouvrant son visage, que ses traits se dessinaient les uns après les autres, que sa chevelure d’ébène paraissait enfin, ajoutant ses reflets bleuté à l’étrange gamme de couleurs de cette fresque naturelle, ses yeux laissèrent perler un cristal étincelant, un saphir corporelle qui s’agitait de mille feux, un joyaux humain, une larme qui transcendait le temps et l’espace, pionnière d’un flot incessant. Le jeune Norgil ne parvenait pas à endiguer cette cascade scintillante, il ignorait même pourquoi il pleurait. Etait-ce la beauté, l’Harmonie omniprésente, qui serrait son cœur à ce point ? La joie de contempler cette Aube, libre de tout actes, les chaînes pesantes du destin jetée à bas ? Ou bien d’une solitude plus longue encore ? Il ne parvenait pas à comprendre, il pleurait, c’était un fait, mais pourquoi ? Etait-ce des larmes de joie ? ou plutôt le fruit de la peur d’un avenir incertain ? En réalité, il ne s’en souciait guère, il contemplait ce sublime levé de soleil, larmes aux yeux, et un pale sourire sur les lèvres, ses pas le portant toujours plus en avant, toujours plus au sud, toujours plus loin de sa famille, et des amis qu’il avait laissé derrière lui. Ses cousins, dont il aurait dû assurer l’éducation, les frères Groth, dont les anecdotes ne manquaient jamais de piquant, et les sourires charmeurs d’Ewiniel, son amie d’enfance, les longues nuits qu’ils avaient passé au balcon, à écouter de belles paroles poétiques, et à parler de rien, laissant la plainte nocturne ravir leurs oreilles, les vents comme berceuse. Tout cela lui manquait, arrachant par moment une plainte, un grognement douloureux, s’extirpant de l’étau qui enlaçait son cœur. Ses jambes se fesaient lourdes, les perles d’argent chutant avec force sur la terre sèche, et rien ne ralentissait plus ce flot d’émotion qui le submergeait, qui s’emparait peu à peu de son corps, Il pleurait à chaude larmes, et il ne comprenait toujours pas pourquoi, et ses jambes s’affaissèrent, le plongeant vers le sol inégale, ses genoux frappant férocement la terre dure, ses mains s’abbatirent brutalement quelques instants plus tard, une mare de cristal se formant rapidement autour de l’ombre de son visage à demi voilé par ses cheveux. Ses paupières étaient fermées, et dans l’obscurité il voyait nettement sa réalité, il voyait ses empreintes s’effacer derrière lui, son passé sombrer dans une mer obscure, certainement pour y disparaître à jamais. Cruel destin que le sien, exilé de sa propre volonté, et regratant ce qu’il laissait dans son dos, marchant sans savoir si il trouverait un appuis sous ses pieds, sans savoir de qui l’attendait à l’Aube suivante, lorsqu’il fermerait les yeux devant le ciel nocturne. Il nageait dans l’inconnu.
Et cela le terrifiait…

Durant les secondes qui suivirent, il resta ainsi, tourné vers la terre, sans plus pensé à rien, et pourtant toujours triste, le cœur serré, l’estomac noué et les membres figés. Puis, comme le vent chasse la tempête, un nouveau rayon de soleil vint frappé son esprit, et le vider de ces émotions. Il resta tout de même ainsi, peu soucieux de la piètre image qu’il donnait, prosterner tel un esclave. Il sentit à nouveau la douce brise frôler son épiderme, ses paupières s’ouvrirent à nouveau, et il pris un nouveau cliché du monde qui l’entourait, plus terne, plus sombre, plus réel, loin du paysage doré dans le quel il évoluait jusqu’alors, loin de la douceur des habits qui garnissaient ses armoires, tous si richement cousus. Ce monde là était plus violent, machiavélique, macabre, à un tel point que cette vision lui était presque insoutenable . Il mûrissait d’un façon inattendu.
Et cela le terrifiait…

Il gonflât ses muscles, redressant son corps frêle avec une lenteur étrange, ses bras pendaient mollement le long de son corps, ses yeux livides rivés vers le néant, sa cape raclant le sol avec un bruissement doux, sa tunique virvoletant contre sa peau au gré du vent, sa ceinture lui serrant quelque peu la taille, le fourreau de sa lame cliquetant quelque peu contre le cuir renforcé d’acier de ses hautes bottes. Sa lame, héritage de ses ancêtres, c’était bien la seul chose qui le rattachait encore à son passé. La garde presque indissociable du pommeau , de forme ovale, a peine plus large que la poigné de cuir noir. Sobre, tel était le mot qui s’imposait, aucun joyaux, aucun metal précieux ne venait polluer cette harmonie. Il posa sa main aux doigts fins sur le pommeau, et d’un geste ample tira l’acier de sa gaine de noyer. Le métal scintilla de façon éphémère sous l’assaut des rayons solaires faisant apparaître les fines gravures elfiques qui parcouraient gracieusement le plat de l’arme. Estelnîm, ce mot résonna avec force dans son esprit, ses yeux se portèrent sur le fruit de ses larmes, l’humidité se confondant presque totalement avec le sol. Après tout, l’espoir n’était peux être pas un sentiment déserteur. Il rengaina son épée, et ses pas recommencèrent à le porter en avant. Il avançait avec une aveugle determination.
Et cela le terrifiait…
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